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27 août, 2020

Les agriculteurs africains sont plus jeunes que vous ne le pensez. Voici pourquoi

Photo: Procasur

Au cours des 20 dernières années, l’Afrique subsaharienne a enregistré le taux de production agricole le plus élevé au monde. Il y a eu des effets d’entraînement, la région connaissant également la croissance la plus rapide de l’emploi non agricole et de la productivité du travail non agricole.

Selon une opinion largement répandue, la trajectoire de croissance agricole de l’Afrique pourrait être compromise par le vieillissement de la population agricole, car les jeunes fuient l’agriculture. Plusieurs sources indiquent que l’âge moyen des Africains dans l’agriculture est passé à 60 ans ou plus. Mais nous ne disposons d’aucune preuve empirique pour étayer cette affirmation.

Pour comprendre ce qui se passe réellement, nous avons utilisé des données d’enquête représentatives au niveau national, recueillies par les bureaux de statistiques gouvernementaux de six pays africains – Ghana, Rwanda, Ouganda, Zambie, Nigeria et Tanzanie. Comme ces enquêtes ont été répétées plusieurs fois dans chaque pays entre 2000 et 2018, nous pouvons calculer combien de temps les gens consacrent chaque année à des emplois agricoles et non agricoles. Nous pouvons examiner l’évolution de la répartition par âge de la main-d’œuvre dans les emplois agricoles et non agricoles depuis 2000.

Cela a été fait dans le cadre de nos recherches sur l’accès des jeunes à la terre ainsi que sur leurs décisions en matière de migration et leurs possibilités d’emploi.

Briser le mythe

Nos conclusions démystifient le mythe selon lequel la plupart des agriculteurs d’Afrique subsaharienne ont plus de 60 ans, ce qui est loin d’être le cas.

Selon les données gérées par les gouvernements nationaux des six pays, l’âge moyen de la main-d’œuvre agricole varie entre 32 et 39 ans environ. Même si l’on ne tient pas compte des jeunes adultes de 15 à 24 ans, l’âge moyen de la main-d’œuvre agricole varie de 38 à 45 ans. Et même en dépassant la fourchette d’âge généralement admise pour la main-d’œuvre, qui va de 15 à 64 ans, pour inclure toutes les personnes âgées de tout âge travaillant dans l’agriculture, l’âge moyen des agriculteurs change à peine.

Cela s’explique par le fait que seulement 3 % de la population de l’Afrique subsaharienne a 65 ans et plus. Et moins de la moitié de ce groupe est économiquement active et travaille dans l’agriculture.

Deuxièmement, l’âge moyen de la main-d’œuvre agricole dans les six pays africains examinés a soit augmenté d’un ou deux ans, soit est resté constant au cours de la dernière décennie. Entre la première et la dernière période d’enquête, qui s’étendait de sept à douze ans, l’âge moyen de la main-d’œuvre agricole a augmenté de moins de deux ans dans quatre des six pays étudiés (Ghana, Rwanda, Ouganda, Zambie). L’âge moyen des agriculteurs est resté inchangé au Nigeria et a légèrement diminué en Tanzanie.

En d’autres termes, l’âge des Africains dans l’agriculture augmente à peine, voire pas du tout. Si l’on considère qu’environ 7 à 10 millions de jeunes entrent chaque année dans la vie active en Afrique subsaharienne, on comprend aisément pourquoi l’âge moyen de la population agricole n’augmente pas, même si un grand nombre de jeunes quittent partiellement ou totalement l’agriculture.

Sur la base de ces enquêtes représentatives au niveau national, il est clair que parmi les nombreux défis agricoles de la région, le vieillissement de la main-d’œuvre agricole n’en fait heureusement pas partie.

Troisièmement, notre étude a révélé que les personnes occupant des emplois non agricoles sont en moyenne de un à trois ans plus jeunes que celles qui travaillent dans l’agriculture, surtout lorsque l’échantillon exclut la tranche d’âge des 15-24 ans.

Comment rendre l’agriculture rentable pour les jeunes

Comme l’ont souligné des études antérieures, la part de l’emploi dans l’agriculture a diminué au fil du temps, à mesure que les possibilités d’emploi hors agriculture se sont multipliées dans les économies africaines en rapide transformation. Toutefois, l’agriculture représente toujours une part importante des emplois occupés par des personnes en âge de travailler et reste le plus grand employeur de jeunes ruraux. Toutefois, la plupart des emplois sont à temps partiel.

Il est vrai que de nombreux jeunes des zones rurales quittent l’agriculture car les possibilités d’emploi hors de l’exploitation agricole continuent de se développer. Néanmoins, la plupart des jeunes qui sont économiquement actifs restent engagés dans l’agriculture. Ce qui manque, cependant, c’est une masse critique de jeunes Africains qualifiés ayant accès au financement et au savoir-faire pour stimuler la croissance de la productivité dans l’agriculture et les chaînes de valeur connexes.

L’idée de maintenir les jeunes dans l’agriculture par crainte que l’agriculture africaine ne devienne la chasse gardée des personnes âgées est déplacée. Une stratégie plus efficace consisterait à donner la priorité au financement des millions de jeunes ruraux déjà engagés dans l’agriculture afin de rendre celle-ci plus rentable. Rendre l’agriculture « sexy » est loin d’être aussi important que de la rendre rentable. Les jeunes vont affluer vers l’agriculture si et quand il deviendra évident qu’elle peut être rentable.

Une priorité connexe consiste à encourager les jeunes Africains qualifiés à appliquer leur savoir-faire pour surmonter les nombreux obstacles politiques, réglementaires et financiers qui les empêchent de créer et de développer des entreprises agroalimentaires qui fournissent des services importants aux agriculteurs africains.

 

Source: theconversation.com

 

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